Insee : crédit immobilier et investissement des ménages
Par Priximmo • 19 déc, 2009 • Catégorie: Actualités diverses, Amérique, Crédit immobilier, Europe, La Une... Inscrivez vous à la newsletterL’Insee vient de faire le point sur l’investissement des ménages. Conclusion ? L’investissement est en baisse pour la première moitié de l’année et se reprend au deuxième semestre 2009. La raison principale vient de l’évolution du taux des crédits immobiliers. Les taux ont commencé à baisser en début d’année 2009 pour devenir attractifs à partir du mois de juillet. Une tendance qui devrait se poursuivre si les taux d’intérêts des prêts immobiliers restent au même niveau.
L’autre conséquence de ce phénomène, c’est le rebond des ventes de logements, notamment de logements neufs. Mais pour autant les professionnels du batiment ne sont pas encore rassurés car les indices en matière de construction ne repartent pas encore. Cela peut laisser penser que la reprise actuelle n’est que éphémère et que la situation peut se durcir. C’est le cas car tous les regards se tournent actuellement vers la croissance et le taux de chômage. Sur ce dernier point si l’année 2010 devait resembler à 2009, ce serait une catastrophe.
Toutefois, la banque centrale européenne ne devrait pas remonter sont taux directeurs, ce qui permettra aux crédits immobiliers de rester compétitifs en Europe.
D’autres banques centrales, comme par exemple celle du Canada, actionnent déjà les freins. En effet, les taux d’emprunts sont attractifs et poussent les ménages dans la spirale de l’endettement. Or le niveau d’endettement actuel, au Canada comme en Europe, est déjà au-dessus de l’acceptable. La crise économique actuelle ne peut se résoudre par une nouvelle amplification de l’endettement des ménages. Cela repouserait la crise économique à plus tard pour une crise encore plus importante. A vous de réagir…
En savoir plus : Hausse des taux des crédits au Canada ? et Stabilisation de l’endettement des ménages





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L’analyse donnée autour de ces chiffres d’endettement des foyers est pertinente et aujourd’hui partagée par la majorité des économistes.
N’oublions pas que l’origine de la crise vient de ce qu’on a, en particulier aux Etats-Unis, souhaité distribuer des crédits, au lieu des revenus.
En effet, en France, comme dans le reste du monde capitaliste, un énorme transfert s’effectue des revenus du travail vers les revenus du capital (estimation pour la France : plus de 100 milliards d’Euros par an : http://www.monde-diplomatique.fr/2008/01/RUFFIN/15507).
Pour maintenir le moteur en plein régime, le gouvernement nord-américain recourt au déficit budgétaire et commercial chronique, et les taux des banques centrales, ont conduit à un endettement irraisonnable des foyers, en particulier dans le monde anglo-saxon.
Le problème est que la machine sait déverser des liquidités sur le marché, mais ne sait pas les éponger.
Les états sont venus à la rescousse des banques, et dans le même temps ont plongé dans des déficits et des dettes abyssales. Ce relâchement des taux des banques centrales concourre à inciter les ménages à s’endetter, et stimule à nouveau les spéculations immobilières.
Mais attention, on commence à s’approcher dangereusement de la zone rouge.
Sur un plan strictement de bon sens , on comprend fort bien qu’on ne peut pas distribuer plus de richesses aux possédants qu’il n’en est produit. Partant de là, la rémunération du capital ne peut pas excéder la croissance économique réelle, sauf à endetter les acteurs de l’économie, ou à gonfler artificiellement la valeur des actifs …!
C’est pourtant ce qu’on a fait et qu’on continue de faire, et ça consiste à gonfler la bulle.
Comment se sort-on de cette situation ?
Le premier scénario est déflationniste, mais il a l’inconvénient de fortement freiner l’économie. Cependant, il permet de redistribuer les cartes en corrigeant (brutalement) les valeurs spéculatives. C’est le scénario que tous les états cherchent à éviter pour l’heure, en faisant tourner les planches à billets.
Le deuxième scénario est inflationniste, et il pourrait bien nous attendre si la reprise est réelle, et si la crise monétaire qui couve sous le dollar (mais aussi en Méditerranée) éclate.
Là, le réajustement se fera au détriment de la valeur du patrimoine qui ne suivra pas l’évolution des coûts. On a commencé à sentir des frémissements avant la crise, avec l’élévation des coûts de main-d’oeuvre dans les pays à bas coûts (Chine), et la montée des coûts des matières et de l’énergie.
Le dollar canadien n’a pas la surface financière de l’Euro, et c’est pour cela qu’il freine un peu les taux d’emprunts.
Chez nous, le marché immobilier ne s’est toujours pas ajusté : il doit perdre au bas mot, la moitié de sa valeur affichée. En attendant, nos états jouent avec le feu des déficits budgétaires. A quand le retour de flamme ?