Le rôle clé des émissions non industrielles pour atteindre les objectifs de Kyoto
Par Priximmo • 18 jan, 2010 • Catégorie: Environnement Inscrivez vous à la newsletterAlors que le protocole impose à l’UE-15 de réduire ses émissions moyennes entre 2008 et 2012 de 8 % par rapport aux niveaux de 1990, les dernières prévisions indiquent que l’UE-15 ira encore plus loin et devrait atteindre une réduction totale de 13 % par rapport à l’année de référence.
Le professeur Jacqueline McGlade, directrice exécutive de l’AEE, commente ces chiffres:
« Il est encourageant de constater que les émissions européennes de gaz à l’origine du changement climatique devraient poursuivre leur baisse, dépassant les objectifs fixés par le protocole de Kyoto. Ces résultats devraient inciter tous les pays à convenir de réductions beaucoup plus importantes des émissions globales et à conclure un accord global en décembre à Copenhague. Il est urgent de prendre des engagements de réduction drastique des émissions si nous voulons préserver nos chances de limiter les augmentations de température au niveau planétaire à moins de 2 ºC ».
Le rapport de l’AEE montre que les réductions au cours de la période 2008–2012 seront atteintes grâce à une combinaison de politiques existantes et supplémentaires, à l’achat par les gouvernements de crédits issus de projets de réduction d’émissions hors UE, à l’échange de quotas d’émissions entre participants au système communautaire d’échange de quotas d’émissions (SCEQE) et par le biais d’activités de foresterie permettant l’absorption du dioxyde de carbone (CO2) présent dans l’atmosphère. Le système d’échange de quotas s’applique à toutes les grandes industries émettrices de CO2, qui représentent environ 40 % des émissions de GES au sein de l’UE.
En ce qui concerne les objectifs à plus long terme, près de trois-quarts de l’objectif unilatéral de l’UE visant à réduire, à l’horizon 2020, les émissions de 20 % en dessous des niveaux de 1990, pourrait être atteint au sein même de l’UE (à savoir sans achat de crédits à l’extérieur de l’UE).
Le rapport souligne l’importance du SCEQE pour les États membres en vue d’atteindre leurs objectifs. Toutefois, il souligne également le fait que les gouvernements doivent se concentrer sur la réduction d’émissions dans les secteurs non couverts par le SCEQE, tels que le transport, l’agriculture et les ménages.
Comment l’UE peut-elle atteindre les réductions prévues?
Le rapport prévoit une série de facteurs qui pourront contribuer à la réduction totale de plus 13 % de l’UE-15 :
- Les politiques et mesures existantes pour la période 2008–2012 pourraient représenter une réduction de 6,9 %.
- Si les États membres mettent en œuvre des mesures supplémentaires comme prévu, la réduction totale pourrait atteindre 8,5 %. Toutefois, ce chiffre dépendra en grande partie des efforts conjoints dans quatre grands pays émetteurs (l’Allemagne, l’Espagne, la France et le Royaume-Uni).
- Le recours des gouvernements aux mécanismes de flexibilité du protocole de Kyoto pourrait contribuer à l’obtention de 2,2 points de pourcentage de réduction supplémentaires.
- L’absorption de CO2 par le renforcement des puits de carbone (par exemple, une meilleure gestion des forêts) contribuera à atteindre une réduction supplémentaire de 1,0 point de pourcentage.
- L’achat de quotas d’émission et de crédits par les opérateurs du SCEQE devrait permettre d’atteindre une réduction supplémentaire de 1,4 point de pourcentage.
Les réductions d’émissions pourraient être plus importantes du fait de la récession économique
Cinq États membres de l’UE-15 (la France, l’Allemagne, la Grèce, la Suède et le Royaume-Uni) ont déjà réduit leurs émissions nationales au-delà de leurs objectifs. Seule l’Autriche s’attend à ne pas pouvoir respecter son engagement dans les dispositions actuelles et devra intensifier ses efforts de réduction des émissions dans les secteurs ne relevant pas du SCEQE.
Tous les autres États membres ainsi que les pays membres de l’AEE qui disposent d’objectifs d’émissions au titre du protocole de Kyoto estiment être en mesure d’atteindre ces objectifs.
Même si les projections des États membres commencent à tenir compte de la récente récession économique, les émissions de GES pourraient être surestimées à court terme. La récession pourrait ainsi réduire davantage les émissions par rapport aux projections actuelles.
Liens (en anglais uniquement):
Professeur Jacqueline McGlade, directrice exécutive de l’AEE
Profils pays Visionneur de données d’émissions de gaz à effet de serre Visionneur de données relatives au système communautaire d’échange de quotas d’émissions Rapport de la Commission européenne sur les progrès de la Communauté





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